As-tu vu les mariés du vent?
Ils passaient le regard absent
Dans l’allée de chênes pourpres.
Un petit page les suivait.
Les mariés du vent!
Avec du vent plein la tête!
Elle entendait sonner les cloches,
Les cloches de ses châteaux
Châteaux de paille,
Châteaux sans tuiles
Châteaux d’éteules
Châteaux d’argile.
Elle buvait à ses amours
Elle buvait le vent.
Lui rêvait à sa nuit de noce,
A un voyage sur l’océan,
A des retours,
A des départs,
A d’éternels commencements
Et son rêve n’était que du vent.
Au bout de l’allée,
Au bout du chemin,
Le marié la mariée,
Se sont regardés.
Quelle surprise!
Quelle méprise!
Il s’était trompé de jour,
Il s’était trompé d’amour
Il s’était trompé de femme
Comme ça, pour rien
Peut être à cause du grand vent.
Alors, il s’est excusé,
Il a repris son regard,
Sa parole, son sourire
Il a rendu la main qu’il avait demandée,
Il a repris la rose qu’il avait donnée
Il a renvoyé le petit page,
Il a remis ses vieux habits,
Il est parti le dos au vent
Elle, avec des cloches plein la tête,
De la douceur plein les mains,
Tant de baisers prêts à s’ouvrir,
Elle s’est mise à courir, à danser,
A hurler dans le grand vent