11/02/1968
Non, ça n’a plus d’importance,
Tu es partie ma chance,
Tu ne veux plus de moi.
Non, ça n’a plus d’importance :
Dans la vie, tu te lances,
Tu ne veux plus de moi.
Adieu ! Les fleurs sont mortes.
Adieu ! Fermons les portes.
A quoi bon vouloir pleurer ?
Rien ne peut changer.
Tiens, voilà une guimauve,
Bien que l’amour se sauve
Dis, garde-la pour toi.
Tiens, est-ce moi ce vieux fauve
Qui cache dans une ôve
Son amour déjà froid ?
Adieu ! Quels sont ces rires ?
Adieu ! Toujours écrire :
A quoi peut servir l’été ?
Rien ne va changer.
Mon Dieu, le monde est bête
Et ces gens qui font la fête ;
Tu me dis tout cela
Comme si je ne savais pas
Qu’elle est moche ma tête
Non, je pars aux Amériques,
Crois-moi, c’est sans réplique,
Que ne m’aimes-tu pas ?
Non, car j’oublie nos colchiques,
Souvenir érotique
De notre amour de roi
Adieu ! Passez nuages…
Adieu ! Qui m’encourage ?
A quoi bon se lamenter ?
Rien ne peut changer.
Tiens, je dis que je suis riche
Mais tu sais que je triche
Et tu ne me crois pas.
Tiens, je dis que je m’en fiche
Mais tu restes ma biche
Comme au temps d’autrefois.
Adieu ! Où sont mes rêves ?
Adieu ! Images brèves.
A quoi bon vouloir aimer ?
Rien n’aura changer.